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De l’esclavage des habitudes à la sagesse du corps : comment l’être humain retrouve-t-il sa nature alimentaire originelle ?

De l’esclavage des habitudes à la sagesse du corps : comment l’être humain retrouve-t-il sa nature alimentaire originelle ?

 

Si la première étape du parcours des Tayyibat consiste à changer votre regard sur la nourriture, la deuxième étape consiste à reconstruire la relation qui vous lie à votre corps.

Selon le Dr Diaa Al-Awady, le problème ne réside pas seulement dans la qualité de ce que nous mangeons, mais aussi dans la manière dont nous en sommes venus à considérer l’acte de manger lui-même.

L’être humain moderne s’est habitué à manger parce qu’il est huit heures du matin, parce que l’heure du déjeuner est arrivée, parce que tout le monde autour de lui mange, ou même parce qu’il ressent de l’ennui, de la contrariété ou du stress.

Avec le passage des années, la véritable faim s’est mêlée aux désirs psychologiques et aux habitudes sociales, au point que beaucoup de personnes ne sont plus capables de distinguer le besoin réel de nourriture de la simple envie de mâcher ou de goûter quelque chose.

C’est pourquoi le Dr Diaa répétait toujours que la première compétence que l’être humain doit apprendre est d’écouter son corps.

Selon lui, le corps ne se trompe pas lorsqu’il envoie ses signaux naturels.

La faim est un message, la soif est un message, la satiété est un message, mais le problème est que le bruit extérieur est devenu plus fort que ces messages.

Lorsqu’une personne ressent une véritable faim, cela signifie que le corps a consommé une partie de son énergie et qu’il est prêt à recevoir la nourriture et à en tirer le meilleur bénéfice possible.

En revanche, lorsque les aliments arrivent dans l’estomac sans qu’il y ait un besoin réel, cela devient une charge supplémentaire pour les différents systèmes du corps.

C’est pourquoi il disait que la nourriture est une immense bénédiction, mais qu’elle devient un problème lorsqu’elle est consommée en dehors du besoin naturel du corps.

Dans ce contexte, les Tayyibat ne considèrent pas les trois repas quotidiens comme une règle sacrée à respecter. Il n’existe pas un nombre déterminé de repas qui convienne à tous les êtres humains.

Certaines personnes ont besoin de deux repas, d’autres de trois, et certaines peuvent se contenter d’un seul repas certains jours.

Le véritable critère n’est ni l’heure ni le programme affiché sur le réfrigérateur, mais le signal envoyé par le corps lui-même.

Cela ne concerne pas uniquement l’heure du repas, mais aussi la quantité de nourriture consommée au cours d’un même repas.

Au lieu du principe « Mange jusqu’à ne plus pouvoir bouger », le Dr Diaa invite à quitter la table alors qu’il reste encore un peu de place.

Car l’objectif de la nourriture n’est pas d’alourdir l’estomac, mais de répondre à un besoin.

Cette vision repose sur l’idée que l’être humain n’a généralement pas besoin des quantités importantes auxquelles il s’est habitué et qu’une grande partie de ce qu’il consomme quotidiennement relève davantage de l’habitude que d’un besoin réel.

Parmi les règles sur lesquelles il insiste également figure la réduction du nombre d’ingrédients dans un même repas. Plus les aliments différents sont nombreux dans l’assiette, plus la tâche du système digestif devient complexe.

C’est pourquoi la philosophie des Tayyibat met en avant l’idée de se limiter à deux ou trois éléments principaux dans un même repas, afin que l’alimentation soit plus simple, plus claire et plus proche des besoins réels du corps.

Ce point est considéré comme l’un des plus présents dans les explications liées au régime.

Quant à l’eau, elle occupe une place différente de celle qu’elle tient dans de nombreux régimes alimentaires traditionnels.

Au lieu de transformer l’hydratation en obligation liée à un nombre précis de litres, le Dr Diaa invite à revenir au signal naturel qu’Allah a placé en l’être humain : la soif.

De la même manière que la faim vous indique quand vous avez besoin de nourriture, la soif vous indique quand vous avez besoin d’eau.

C’est pourquoi il considérait que plus l’être humain apprend à écouter ces signaux naturels, plus il se rapproche de la nature originelle selon laquelle il a été créé.

L’une des idées centrales est également celle du repos digestif. Selon cette conception, le corps n’a pas seulement besoin de nourriture, mais aussi de périodes durant lesquelles il cesse d’en recevoir afin de pouvoir accomplir d’autres fonctions.

C’est pour cette raison que le jeûne occupe une place importante dans la philosophie des Tayyibat, non seulement en tant qu’acte d’adoration d’une grande valeur, mais aussi comme une occasion permettant au corps de disposer de temps pour se réorganiser, se nettoyer et retrouver son équilibre.

Le Dr Diaa établissait souvent un lien entre le jeûne et la capacité du corps à se débarrasser des charges accumulées résultant du mode de vie moderne.

Dans ce sens, la nourriture cesse d’être le centre de la vie, comme c’est le cas pour beaucoup de personnes, et devient un moyen au service du corps plutôt qu’un objectif pour lequel l’être humain vit.

Le but n’est pas que l’être humain passe toute sa journée à penser au prochain repas, mais que la nourriture retrouve sa place naturelle dans sa vie :

une bénédiction que l’on consomme lorsque le besoin se fait sentir, que l’on laisse lorsque l’on est rassasié et pour laquelle on remercie Allah sans excès ni gaspillage.

C’est précisément dans cette transformation de la manière de penser que les partisans des Tayyibat voient le véritable début du changement, car, selon eux, réparer la relation avec la nourriture précède la réforme de la qualité même de la nourriture.

Lorsque l’être humain apprend à écouter son corps, à distinguer le besoin de l’habitude, ainsi que la véritable faim de l’envie passagère, il a déjà posé le premier pied sur le chemin auquel appelle le Dr Diaa Al-Awady.

 

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